Récit d'un élève transformé
« Il y a 3 mois, je ne chantais que sous la douche.
Aujourd'hui, je monte sur scène. »
Je m'appelle peu importe comment. Ce qui compte, c'est ce qui m'est arrivé. Et si toi qui me lis, tu doutes — comme j'ai douté — alors peut-être que mon histoire te parlera.
Je voulais te raconter mes cours de chant à Genève. Pas une publicité. Pas une promesse vide. Juste l'histoire d'un type qui n'arrivait même pas à fredonner devant ses amis, et qui aujourd'hui ose. Vraiment ose.
Je me souviens du premier jour. J'avais 32 ans. Je gagnais ma vie, j'avais des amis, une copine, une vie « normale ». Mais quand quelqu'un me proposait un karaoké — je trouvais une excuse. Toujours.
Parce que ma voix, je la détestais. Trop aiguë. Trop fragile. Trop moi.
J'avais grandi avec un père qui disait : « toi, t'as pas l'oreille ». Tu sais, ces phrases qu'on entend une fois et qui se collent à toi pour 20 ans.
Sauf qu'un jour, j'écoutais un disque de jazz. Un truc tellement beau que ça m'a fait pleurer — bêtement, dans ma cuisine. Et là j'ai pensé : « Et si moi aussi je pouvais faire ça un jour ? »
J'ai cherché « cours de chant à Genève » sur Google. Bêtement. Comme tu l'as peut-être fait avant de tomber sur cet article.
Je suis arrivé au studio de Carouge tendu comme une corde de violon. J'avais préparé toutes mes excuses : « tu vas voir, je vais être nul », « j'ai jamais chanté », « j'ai pas l'oreille ».
Sito m'a accueilli avec un café. On a parlé. Pendant 20 minutes. Pas de la voix. De moi. De pourquoi j'étais là. De ce que je voulais entendre quand je chanterais.
Sur le coup je me suis dit : « OK, ce mec est bizarre. » Aujourd'hui, je sais que c'était la phrase la plus importante de ma vie d'élève.
Les premières séances, j'ai découvert un monde. Le diaphragme. La résonance. Les modes vocaux de la méthode CVT. Le swing du jazz. La rondeur du blues. Le travail du souffle que Sito a appris au Conservatoire de musique de Genève et à la Jazz School de New York.
Je rentrais chez moi avec des exercices. Je les faisais dans ma voiture, en allant au boulot. Je commençais à m'entendre moins mal.
Au bout de 4 semaines, j'ai chanté devant Sito pour la première fois. Une chanson entière. Ne me quitte pas de Brel. J'ai pleuré au milieu. Il m'a dit : « c'est pour ça que tu dois chanter, mon ami. Pour pleurer. Pour rire. Pour être vivant. »
Et puis est arrivée la deuxième séance du deuxième mois. La séance où tout s'est cassé dans ma tête.
Je n'arrivais plus rien à faire. Les notes que j'avais réussies la semaine d'avant — disparues. Mon souffle — court. Mes aigus — cassés. J'avais envie de tout plaquer.
Il a souri. Pas un sourire moqueur. Un sourire de quelqu'un qui a déjà vu ça 200 fois. (Parce qu'avec 200+ élèves formés en 18 ans — il l'a effectivement vu 200 fois.)
« Tu es exactement à l'endroit où il faut que tu sois. Ce moment-là, où tout se casse, c'est le moment où tu deviens vraiment chanteur. Avant, tu apprenais. Maintenant, tu désapprends pour mieux apprendre. »
Je n'ai pas compris sur le coup. Mais je suis revenu la semaine d'après. Et la suivante. Et celle d'encore après.
Le déclic est venu un mardi soir. Sito m'a fait chanter un blues lent. Très lent. Une de ces chansons où chaque note doit respirer, doit prendre son temps, doit raconter quelque chose.
Et au milieu de la chanson, j'ai senti quelque chose bizarre dans ma poitrine. Une chaleur. Une vibration. Mon corps qui chantait tout entier. Plus juste ma gorge crispée. Plus juste ma voix d'avant.
Ma voix.
Ma vraie voix.
Celle que j'avais cachée
pendant 32 ans.
Sito m'a regardé. Il a juste hoché la tête. Pas besoin de mots. On savait tous les deux.
Ce moment-là, dans le métier, on appelle ça le « déclic ». Quand l'élève comprend, dans son corps, ce que la technique veut lui faire faire. Quand la voix arrête de venir de la tête, et commence à venir du cœur.
Trois semaines après ce mardi-là, j'étais en soirée chez des amis. Quelqu'un a sorti un karaoké. Et au lieu de fuir aux toilettes comme avant — je suis monté.
J'ai chanté Feeling Good de Nina Simone. À ma manière. Avec mes tripes. Pas parfaitement — il y avait encore des notes qui passaient mal. Mais j'ai chanté.
Mes amis sont restés silencieux. Puis ils ont applaudi. Pas par politesse. Pour de vrai. Et j'ai compris quelque chose ce soir-là.
Aujourd'hui, je prends toujours des cours avec Sito. Pas parce que j'ai « besoin ». Parce que j'aime ça. Parce que chaque séance me fait découvrir un truc de plus sur moi.
1. Ma voix est unique. Pas comme celle de Sinatra, pas comme celle de Stevie Wonder. La mienne. Et ça suffit.
2. La technique ne tue pas l'émotion. Elle la libère. Plus j'ai de technique, plus je peux laisser sortir ce que j'ai à dire.
3. Le chant déborde sur le reste. Depuis que je chante, je parle différemment au bureau. Je présente mes idées différemment. Je dis « non » quand je veux dire non. Je dis « oui » avec conviction. Ma voix est là, partout, tout le temps.
Parce que peut-être que toi, en lisant cet article, tu es comme moi il y a 4 mois. Tu cherches « cours de chant à Genève » sur Google. Tu hésites. Tu te dis : « j'ai pas l'oreille », « je suis trop vieux », « je vais avoir l'air ridicule ».
Je veux juste te dire : moi aussi je pensais tout ça. Et c'était faux. Tout était faux.
Comme tous les muscles, elle se travaille. Elle se construit. Elle s'équilibre. Elle se libère. Et tu n'as pas besoin d'être un génie pour ça. Tu as juste besoin d'un bon prof, et de te donner une chance.
La confiance, c'est pareil. Elle se travaille. Elle vient en faisant. En osant. En se trompant. En recommençant. Le chant t'apprend à oser parce que tu n'as pas le choix : ta voix sort, elle est là, tu ne peux pas la cacher.
Et plus tu acceptes ta voix, plus tu t'acceptes toi.
Je ne sais pas qui tu es. Je ne sais pas ton âge, ton histoire, tes peurs. Mais je sais une chose : si tu lis cet article jusqu'ici, c'est que quelque chose en toi veut chanter.
Écoute cette voix-là. C'est elle qui a raison.
Trois mois.
Trois mois pour changer ma vie.
Trois mois pour retrouver ma voix.
Trois mois pour retrouver ma confiance.
Si tu veux la même chose, va voir Sito. Dis-lui que tu as peur. Dis-lui que tu doutes. Dis-lui que t'as pas l'oreille. Il a entendu ça 200 fois. Et 200 fois, il a transformé ces phrases-là en quelque chose de magnifique.
À toi de jouer maintenant.
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